Un plein d'amour

Publié le par Gridou

Cuenca est une tres jolie ville, d'ailleurs classee par l'UNESCO pour son architecture coloniale. Je rencontre le soir de notre arrivee une amie de Christophe, Andrea, qui est equatorienne et vit a Cuenca.

Elle nous propose de venir a l'anniversaire de sa cousine qui fete ses 15 ans. En Equateur, le cap des 15 ans est tres important pour les filles. Il marque le passage d'enfant a femme. Generalement, la famille lui offre sa premiere paire de chaussures a talons.

Les equatoriennes sont tres coquettes: en ville, maquillage, jupe, sac a mains et chaussures a talons sont de rigueur. Quel contraste avec le costume traditionnel peruvien !

 

Nous declinons malheureusement l'invitation d'Andrea car nous venons juste de manger et sommes fatigues des sept heures de bus.

Je me rendrai compte le lendemain matin que j'etais fatiguee aussi par une petite tourista... Eh oui, fallait bien que ca m'arrive quand meme dans mon voyage ! Mais rien de grave, ca ne m'a pas empecher de visiter la ville. Par contre, la sieste s'est imposee l'apres-midi.

 

Apres une nuit reparatrice, je suis d'attaque pour accueillir “l'equateur team”, alias ines, ludo, Marge et Delphine. Excitee comme une puce, je me leve a 7h00 alors que la bande n'arrive qu'a 11h00... Je laisse Christophe se reveiller tranquillement et vais faire un tour de quartier histoire de me defouler.

Laregement prete a 9h30, Christophe consent a me suivre bien qu'il soit largement trop tot... Il est dimanche matin et il n'y a quasiment personne dans les rues. Nous arrivons a l'aeroport une heure en avance.

 

Bon, pas possible de se perdre ici, il n'y a qu'une porte pour les arrivees.

Nous patientons , et decouvrons a l'etage une grande baie vitree donnant sur la piste. Munis de nos appareils photos, nous attendons que l'avion atterrisse pour les prendre a la sortie.

Les employes de l'aeroport en veste jaune fluo et casque orange sur les oreilles se mettent en place sur la piste. L'avion ne devrait plus tarder.

Ca y est, on le voit arriver. Il se pose en douceur, fait demi-tour en bout de piste et arrete ses moteurs.

L'escalier est mis en place, je suis toute excitee. Des passagers commencent a descendre, mais rien qui ressemble a la bande; costars cravate, tailleurs et chaussures a talons... ce n'est pas vraiment le costume traditionnel du routard...

 

L'avion se vide petit a petit puis plus personne ne descend. Les auraient-ont rate ou auraient-ils rate leur avion ?

Je descends aux arrivees. Je guette des sacs a dos, en me hissant sur la pointe des pieds. Quenini...

Christophe me rejoint et me dit qu'un deuxieme avion venant de Quito vient d'atterrir.

Nous remontons en vitesse derriere la baie vitree. Rebelotte, les gens descendent et toujours pas de sacs quechua en vue.

Nous redesendons a nouveau, un peu moins vite cette fois-ci. Les passagers sortent avec leurs bagages. L'aeroport se vide... Ils ne sont bel et bien pas la !

Quelle deception !!!

 

De retour au centre ville, je me rends dans un cyber et decouvre un mail de Slim m'avertissant que la bande est coincee a Madrid, le vol ayant 24h de retard...

 

On est dimanche, la plupart des magasins sont fermes, les rues sont quasi desertes. Comme en France, les citadins se refugient a la campagne pour respirer le bon air frais qui fait defaut ici.

 

Depitee, je m'endors tot ce soir-la dans le dortoir que nous avions reserve pour le groupe. Je n'etends meme pas les deux anglaises se coucher.

Au milieu de la nuit, j'entends une cinquieme personne rentrer dans le dortoir et discerne qu'elle pose un sac. Je me mets a imaginer nebuleusement que ce sont les copains. Je tends l'oreille mais ne reconnait pas la voix de Ludo et crois entendre parler espagnol. Allez Ingrid, arrete de rever et rendors-toi !

 

Quelques minutes plus tard, j'entends qu'on m'appelle. Je leve la tete et reponds docilement “oui, c'est moi”, telle une eleve repondant presente a l'appel de son nom. Puis on murmure “C'est nous !”.

Et la, je comprends !!! OUHHHHHHHHHHHHH !!!!

Je saute du lit et sors illico de la chambre. Il fait sombre dans le patio, les yeux encore tout colles, je ne discerne pas tres bien les visages de mes amigos mais je reconnais bel et bien leur voix.

 

Et leurs petits rires discrets pour ne pas reveiller l'auberge. Je suis trop contente, je saute dans les bras de chacun. C'etait tellement inattendu, bien qu'espere !

 

Ils m'expliquent alors brievement qu'ils sont restes une nuit a Madrid, qu'ils ont pris un autre vol et qu'ils sont descendus a l'escale technique de Guayaquil. Par contre, leurs bagagesayant ete intialement enregistrees pour Quito, ils ont du attendre deux heures pour que les bagagistes trouvent leurs sacs !


Ensuite, determines a “optimiser” le temps, peur de rien, ils prennent un bus de nuit a Guayaquil pour debarquer a 3h du matin a Cuenca... Devant la porte de l'auberge qui etait fermee, ils ont du sonner a plusieurs reprises afin que le gardien vienne leur ouvrir....


Quelle aventure !

 
Et ce n'etait que le debut... Je n'ai pas vu passer les 10 jours en leur compagnie. Ca m'a fait un bien fou de les voir, de parler, de rire avec eux. L'amitie, c'est tellement important pour moi, pouvoir donner et recevoir sans rien attendre en retour. On peut d'ailleurs dire la meme chose de l'amour et puis finalement l'amitie c'est de l'amour. J'ai donc pris un plein d'amour et vous en remercie les amis !

 

Des le lendemain matin, on se met a parler, raconter nos derniers bouts de vie. J'ai l'impression de les avoir quitter la veille.

Nous ne faisons pas que piallier et allons quand meme visiter une fabrique de chapeaux “panama” en “paja toquilla”. Les plus fins peuvent etre roules comme du papier a cigarette et mettent plusieurs mois voire un an a etre concus. Ces chapeaux s'appellent “panama” car, lors de la construction du canal de Panama, certains travailleurs venus de l'Equateur portaient ce chapeau qui fit succes sur place de par la fraicheur qu'il maintient et de par sa legerete.

Ludo et Marge ont craque pour un !

 

J'ai donc passe 10 jours a donner et recevoir: sourires, rires, confidences, larmes, espoirs, projets, surprises, deceptions...

 


Le Parc de Cajas n'en a pas ete une puisque nous avons rate le bus qui pouvait nous y emmener !

 

Nous quittons Cuenca en bus pour Riobamba. Six heures de trajet en perspective, et pas des moindres.

Sur le parebrise, une affiche indique qu'il est a vendre. Remarque, ca pourrait etre une idee vu qu'on est six ?

Sur la portiere, un autocollant de Garfield, la mascotte nationale ? Dans un autre, ce sera le Che et un autre Bugs Bunny... A l'interieur, confort modeste mais pas de toilettes. Heureusement personne n'a (encore ou plus) la tourista. Les retroviseurs sont emmitoufles de moumoute bleu roi.Un autocollant de la Vierge Marie trone au milieu du retro interieur. L'expression “decor retro” prends enfin tout son sens ici. Parfois, un mini portrait de Marie jouxte celui d'une femme aux courbes prometteuses: comme le Che et Bugs Bunny (fils unique) aucun lien !

Enfin, derniers details kitchissime: les minis rideaux en dentelle et les sortes de guirlandes en textile mettant en relief la splendide lumiere des neons. Pour ceux qui connaissent le canape de mes parents qui date des annees 70 si je ne m'abuse, la guirlande est semblable a celle qui entoure le bord...

Une belle piece de collection !

 


Vu la deco, nous preferons nous faire conduire plutot que d'acheter ce bus. Imaginez, si le moteur est dans le meme etat que les rideaux, c'est dire de l'entretien...

 

De peur qu'on s'ennuie en trajet, on nous projette de films. Le premier, gentillet, sera le meilleur. S'ensuit alors des films de baston avec mitraillettes, cascades et explosions a profusion. Delphine adore !

Biensur, nous avons droit au meilleur de Jean Claude Vandame, toujours aussi drole...

J'ai de la chance, je n'ai pas un siege situe sous les enceintes. Par contre mon pauv' Ludo... heureusement il a des boules quies sur lui !

 

Plus on avance et plus je me felicite de ne pas avoir fait cet achat. Les amortisseurs sont nazes, les secousses nous le rappellent.

Et puis, aurions-nous su conduire aussi habilement sur les routes qui longent les precipices sans barriere de securite ? A y reflechir, ils nous passent peut-etre des films pour nous distraire et nous eviter de regarder dans le vide dans les virages...

 

En revanche, nous aurions peut-etre ete plus attentifs sur la route et aurions sans doute evite cette vache que le bus a renverse sur le chemin de Papallacta. Et paf la vache ! .... Ca refroidit !

 

Arrives a riobamba, la bande nous fait la surprise de l'apero: vin rouge francais et fromage qui pue. Quel bonheur !

 

Prochaine etape: le volcan Cotopaxi. Meme pas peur, nous partons pour l'ascension jusqu'au refuge. Ludo ne supportera pasl'altitude et devra faire demi-tour.

Il neige, voire grele. Je suis toute mouillee lateralement. On se protege comme on peut du froid et petit a petit, nous atteindrons notre but. Oh yeah !!!!



Quel plaisir de se retrouver en pleine nature, sans les gros gaz d'echappement noirs que crachent les bus.

 

A Latacunga, nous sommes tres bien accueillis par une dame d'orgine orientale. Il en a ete de meme sur la boucle de Quilotoa, chez Umberto Latacunga et chez Mama Hilda.


Pour arriver a Quilotoa, nous prenons d'abord un bus, qui au fur et mesure, se charge et se charge de monde. Une femme se presse contre mon accoudoir. Elle profite d'un moment ou je me penche vers la fenetre pour en prendre possession. Elle me decoche un large sourire... Que puis-je dire ? Je ferai donc le reste du trajet assise de travers.



Nous prenons ensuite un pick up pour arriver a Quilotoa. Assis a l'arriere, les cheveux et les bonnets au vent, nous profitons du paysage. Quilotoa se revele etre un minuscule village tout tranquille, bordant une lagune qui nous devoilera ses couleurs le lendemain avec l'aide du soleil.

 

Des jeunes jouent au volley. Il semble ici que ce sport fasse plus d'adeptes que le foot. Je m'amuse ensuite a prendre des enfants en photo avec Christophe. Ils n'arrentent pas de rire a chaque fois qu'ils se voient sur l'ecran. Nous nous amusons a les faire voler. Je pourrai rester la des heures !

 


Le soleil se couchant bientot nous rejoignons l'equipe, qui se rechauffe autour du poele. On se croirait dans un chalet de montagne en France. D'ailleurs un couple de francais s'attablera plus tard avec nous. Lui, represente la caricature du "je sais tout mais par contre je parle que francais"... Bref, avec Ines et Delfe nous evitons la discussion apres qu'il nous est sorti " Ah oui, vous, vous faites comme dans les guides !"... No comment...

 


Le lendemain, pousses par le vent qui souffle sauvagement, nous nous lancons pour quatre heures de marche. Traversee de riviere sur un tronc d'arbre, chiens errants, descentes abruptes sur pierres qui roulent seront les seuls obstacles que nous rencontrerons. Ils ne nous empecheront pas de profiter pleinement de la diversite des paysages. Ce sera d'ailleurs pour nous tous, notre meilleur souvenir.

 


Nous allons ensuite directement a Quito ou une tres grande ville polluee nous ouvre ses portes. Dans le centre, une tour est tellement noire qu'Ines la surnomme "la tour de Dark Vador". Nous retrouvons l'insecurite: interdit de sortir le soir sans taxi.

Christophe nous quitte pour s'en retourner dans son pays adoptif. Il ne me reste plus que deux jours a passer avec l'Equateur Team". Nous decidons de sortir le soir. Ines et Marge mangent une soupe de papas qui leur sera fatale...

 

On les retrouve le lendemain peu vaillantes, en situation de handicap... Ines decide de rester et garder la maison, Marge quant a elle nous accompagne.
Direction les sources d'eau chaude de Papallacta ou nous rencontrons deux sympathiques polonais etudiants en architecture, en train de faire l'ecole buissoniere.

Marge retrouve le sourire. Ludo, quant a lui, prefere discuter avec des mamies. Sacre Ludo, il m'etonnera toujours par sa sociabilite ! Avec Delfe, nous faisons une des choses que l'on prefere dans la vie: jouer !

    


Le retour a Quito est difficile: nous attendrons une heure le bus dans le froid et sous la pluie, ce qui finit d'achever Marge. Elle passera le relais a Ines le lendemain, qui pour le dernier jour, nous accompagnera au celebre marche haut en couleur d'Otavalo.



Nous n'avons pas le temps d'aller a "la mitad del mundo", mais bon, nous en etions qu'a quelques kilometres, alors ou est la difference ? Le principal c'est d'avoir partager ce voyage avec des personnes formidables. Je vous aime les amis et merci pour ce que vous etes et ce que vous m'apportez (en particulier le fromage).
Enfin, un merci particulier a Marge pour ses belles illustrations du quotidien.

 

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M
quelle joie de retrouver tes amis!!!
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K
Wow-wow-wow ! Quelles mémorables retrouvailles ! Je suis ravie de te savoir repue de ce grand bol d'amour partagé avec tes amis ! Take care ! (Encore des photos qui chatouillent les yeux !)
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M
j'ai tout revécu en lisant ton blog ce matin au bureau. j'entendais les rires, les "ola que tal", j'ai eu mal au bide en repensant à la soupe de papas, le vertige en revoyant les petites routes de montagne, j'ai entendu la musique latino des bus, les polonais, la vache.... paf ! Merci d'écrire tout ça et surtout merci de nous avoir donner l'idée de ce beau voyage et de nous avoir fait partager tes aventures. je t'aime fort ma gridou internationale.
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S
J'adore!! J'imagine effectivement comme le temps a dû passer vite. Marjo m'a parlé de ce beau voyage. D'ailleurs sympa les illustrations ça va devenir un rituel, beau rituel d'ailleurs. Ingrid je n'y étais pas mais j'imagine que les retrouvailles en pleine nuit ds l'auberge ça a dû être un GRAND moment. Grosses bises!!!!!
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