Le bout du bout du monde
Partie le lundi 30 mars a 14h45 de l auberge d Auckland, j arrive dans un nouveau pays, l Argentine, un nouveau continent, une nouvelle langue, une nouvelle culture, une nouvelle monnaie... mais le meme jour apres 11h30 de vol, 4 heures d attente et enfin deux autres heures de vol.Eh oui, pendant qu en France vous changiez d heure, cette annee, j ai decide de faire encore plus fort et d avancer carrement de 24 heures ! Magique ? Ma foi, j ai traverse la barriere temporelle du changement de date en plein pacifique.
Pas bete la bete, hein ? Remarquez, vu l etat de mon cerveau et de l etendue de mes poches sous mes yeux, je ne suis finalement pas sure que c etait une si bonne idee...
J ai encore pleins de bons souvenirs en tete de Nouvelle Zelande, et notamment... le bout du bout du monde : le Cap Reinga, situe sur la pointe Nord de l Ile du Nord.
Nous avons mis du temps a nous decider si nous allions nous y rendre ou pas. En effet, nous avions entendu plusieurs sons de cloche. Un couple de retraites neo zelandais rencontres a Rotorua nous l avaient deconseille, nous disant que la route etait tres longue et qu il n y avait absolument rien la-bas, mis a part la mer, un phare et une boite aux lettres. Tandis que d autres personnes, plutot des touristes, et entre autres, mi compañero Seb, nous l avaient recommande pour l aspect sauvage et aventureux.

Connus et reconnus pour notre bravoure, nous decidons de nous lancer dans cette aventure. Nous quittons de bon matin (enfin... 9 heures ce qui est tot pour nous !) la plus sympathique des auberges de NZ a mes yeux, situee a Kerikeri. Nous avons 2 heures et demi de route pour arriver jusqu au Cap Reinga. Il fait beau, nous ecoutons du Serge Reggiani, lorsque notre route croise un panneau indiquant un musee de vieilleries.
Passionne, Christophe fait illico demi tour double pique salto arriere (en van, ca demande un peu de pratique).
Dans la cour, derriere une barriere, trone un mouton plante devant une charette avec une biquette comme voisine.
Nous sommes les seuls visiteurs et entrons tranquillement dans le grand hangar. Sont alignes de vieilles voitures et tout un tas de vieux trucs: tronconneuses, machines a coudre, telephones, fauteuil roulant, instruments de musique et notamment un piano tres particulier, le pianola. La dame d un certain age qui tient le musee nous en joue un morceau rien qu en appuyant sur les pedales.C est assez amusant et plaisant de se plonger dans cette ambiance d un ancien temps.
Nous reprenons la route, faisons une petite pause dejeuner et poursuivons. Petit a petit les kilometres affiches nous indiquant la distance jusqu au Cap Reinga, diminuent.
Il ne nous reste plus que 20 km a faire lorsque la route goudronnee est remplacee par des gravillons. Nous supposons que des travaux sont en cours, c est assez frequent. Mais, au bout de quelques minutes nous n avons toujours pas trouve de travaux ni d ouvriers. La route continuerait elle ainsi jusqu a la pointe ?
Alors qu on ne s y attendait plus, on retrouve le goudron, des panneaux et meme des campervans ! Nous voila enfon arrives a destination ! Nous avons une magnifique vue sur les deux pointes. D un cote, les dunes de sable blanc qui plongent dans l ocean et de l autre, le phare.
Le Cap Reinga est un lieu hautement spirituel et respecte des maoris. En effet, c est ici que les ames des morts viennent se purifier pour pouvoir s en aller au-dela.
Le vent nous souffle sur le visage ou peut etre bien est-ce une ame en partance ?
Il fait frais et d un coup, le soleil reprend le dessus et il fait chaud. Il regne dans ce lieu une atmosphere fievreusement mystique, sauvage et a la fois sereine.

Je me surprends a observer sans lassitude les mouvement des courants. La mer de Tasman rencontre ici l Ocean Pacifique dans une danse tumultueuse. Pour les maoris, cette force represente la rencontre entre la mer male et la mer femelle, et meme plus que la rencontre, elle represente l acte de procreation, la creation de la vie...
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