le giratoire de la vie... quel sens prendre ?

Publié le par Gridou



Ca fait deja 3 semaines que je suis en Argentine et je n ai encore pas vu le temps passer. Myriam nous a rejoint pour 15 jours, juste le temps de gouter a l Amerique du sud.



Apres avoir visite Buenos Aires ou malheureusement nous n avons pas eu le temps de nous essayer au tango, nous sommes alles a la rencontre de la pluie a Bariloche, le debut de la Patagonie.

En route, nous traversons "la vallee enchantee" qui porte bien son nom: lacs bleus, montagnes rocailleuses parsemees de touffes d herbe jaune, un ciel pur sans pollution d un bleu eclatant...


Bariloche est la petite soeur de la Suisse. De nombreux immigrants suisses sont venus s y installer, amenant dans leur bagage le chocolat et les fondues au fromage (t inquiete Seb, j en ai mange mais ca ne m empechera pas de m en refaire une en juillet). La pluie nous suit a Villa Angostura ainsi qu a San Martin de los Andes.
Il nous faut un bus de nuit pour nous rendre jusqu a Mendoza pour enfin la semer.



A Mendoza, nous retrouvons le soleil, la chaleur, l ambiance des vacances avec les terrasses. Bien entendu je ne rate pas l occasion d aller deguster le vin argentin et enrole Myriam avec moi et cette fois-ci... a bicyclette !
Nous regardons l etat de la selle pour choisir un bon velo, privilegiant le confort de nos fesses, sauf que je n ai pas du tout fais gaffe au guidon. Je ne retrouve avec un guidon digne d une Harley! C est confortable pour le dos, par contre il doit etre en plomb car il est lourd a trainer.

Bref, apres avoir jete un coup d oeil sur le plan, nous voila parties sur la "ruta del vino". Les vignes sont en hauteur, comme suspendues a une espece de corde a linge, pratique pour cueillir le raisin. Bizarrement nous traversons davantage de champs d oliviers que de vignes. Nous faisons une reelle tournee gastronomique cyclistique entre la tapenade, les tomates sechees, le malbec, la liqueur au chocolat et la confiture de lait...
Une journee plus qu agreable. La seule petite ombre au tableau fut le nuage noir de fumee que m a crache dessus un bus en train de redemarrer. Myriam a meme cru que j avais disparu !

J ai vecu encore beaucoup de moments magiques. Ainsi, toujours a Mendoza, rentrant au centre ville avec Myriam apres avoir infructueusement cherche le theatre grec, nous sommes allees sur la terrasse du toit de la municipalite, une des meilleures vues de la ville. Une guide nous en fait l explication. Elle nous propose ensuite d assister au concert de la chorale de la ville, qui vient tout juste de commencer.
Sans bruit, nous nous dirigeons de l autre cote de la terrasse et nous asseyons en retrait des parents qui sont venus voir leurs enfants. Chants argentins, sudamericains, interpretation du celebre "Happy day", et chant choregraphie maori... nous donnent la chair de poule. J ai comme l ipression de voler ce "petit moment magique de l existence". Nos fesses restes collees jusqu a la fin de la representation.


Ce sont ces petits instants du quotidien, des rencontres auxquelles on ne s attend pas qui me remplissent le plus de bien etre. La visite du musee du Che, a Alta Gracia, a aussi ete un moment enrichissant. Son ancienne maison, ou il a vecu une bonne partie de son enfance et de son adolescence, a ete transformee en musee.
Dans ses ecrits, notamment dans ses lettres qu il adresse a ses enants et a ses parents, il parle regulierement de l importance de la revolution, d etre concerne par les peuples qui ne connaissent pas la liberte. Defendant des idees profondement communistes, il a ete le liberateur de plusieurs peuples opprimes dont bien sur Cuba. Privilegiant le "nous collectif" au "je individualiste", il a mis en pratique ces valeurs dans sa vie personnelle en donnant sa vie aux revolutionnaires, delaissant de sa presence sa propre famille...



Apres avoir visiter les alentours de Mendoza, nous nous arretons trois jours a Cordoba, ou il est l heure pour Myriam de rentrer en France...deja !!!


Nous continuons notre chemin en direction du nord. A la gare routiere de Cordoba, nous attendons le bus de nuit pour Tucuman. Le chauffeur arrive, nous pouvons avancer pour mettre nos sacs en soute. Nous passons devant deux dames typees boliviennes, qui sont en train de se serrer dans les bras. Je ne vois le visage que d une seule. Elle ferme fort ses yeux. Je ressens beaucoup d emotion. L intensite avec laquelle elle ferme les yeux me semble encore pluis puissante que celle d un regard. J y lit un amour profond. Je l imagine prier pour qu il n arrive rien a l autre.
Une fois dans le bus, je les regarde a nouveau et je vois l autre avec des larmes debordant de ses yeux.



Arrives a Tucuman, nous prenons un second bus en direction du petit village, Tafi del Valle. Le soleil vient a peine de se lever. Nous traversons la ville, mes yeux errent au travers de la vitre, lorsque je vois un adolescent, assis a l arriere d un pick up au detour d un rond point. Que regarde-t-il ? notre bus ? Non, son regard semble aller plus loin, perdu sans ses pensees, blase d aller travailler ? Quelqu un dort a ses cotes. Nous sortons du rond point, le pick up continue et prend la sortie suivante. Chemins differents, vies differentes...



Le bus continue, nous croisons un taxi a l arret qui attend notre passage pour tourner. Une vieille dame aux cheveux blancs, le teint mat et la peau ridee, en est la passagere. Elle parait soucieuse.
Plus loin, une jeune fille attend pour traverser. Vetue d une blouse blanche qui lui moule la poitrine et qui arrive en haut de ses cuisses, elle a les poings serres dans ses poches. Les sourcils fronces, elle ressemble a beaucoup d ados: rebelle. Nous croisons ensuite d autres jeunes marchant en direction de l ecole. Je m apercois alors que la blouse blanche est la tenue obligatoire, mais a la difference de la jeune fille, la leur est beaucoup plus ample...
 
Sur le trottoir separant les deux avenues, un monsieur d une soixantaine d annees, le regard perdu, vend ses journaux. Il en tient un a la main. A quoi pense-t-il ? Concentre, un homme en aide un autre a traverser ayant une canne blanche a la main. Je repense a la scene d Amelie Poulain.
Juste derriere, un chien apeure se deplace en boitant, sur trois pattes, les oreilles rabattues. Vient-il de se faire renverser ? S est-il battu avec d autres chiens ?

Nous continuons notre route et empruntons un nouveau rond point dont la superficie est impressionnante. Christophe me fait remarquer qu il y aurait largement la place pour un stade de foot. Au meme moment, nous decouvrons des cagesm et non pas 2 mais 4. C est donc 2 stades de foot qui tiennent ici a Tucuman, dans un meme rond point ! 


                                                                                                                                                                                                    Voyager en bus (de jour) permet d avoir le temps d apprecier les paysages. On vit quelques instants de quotidien avec les locaux et on est souvent surpris.
De Tafi a Cafayate, nous traversons une foret de cactus, un immense canyon en terre rouge, et au mileu de nulle part, surtgit une personne au bord de la route, attendant le bus. Mais d ou sort-elle ?
Nous passons a travers des petits villages. Le bus s y arrete laisser monter et descendre les passagers mais aussi pour livrer le journal a ceux qui le demande et l arrete sur la route.

Nous venons de traverser la cordillere des Andes ce matin, en bus (encore et toujours), pour arriver a San Pedro de Atacama, au Chili ou pleins de bon souvenirs passes avec Marion me reviennent en memoire.
Le trajet fut spectaculaire, je n ai plus de mots...

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M
Le giratoire c'est top!je sais que tu sauras trouver la bonne sortie,Prends soin de toi ma belle,les jours passent vite,Bisous!!!
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N
hola angrade!!! je n'ai qu'une phrase :"viva America del Sur"... tes photos me rappellent bien des souvenirs et les paysages chiliens... l'Argentine a l'air d'être un très beau pays! (est-ce que tu t'es enfilé un gros steack la bas???)<br /> Vivement l'Ecuador (J-24) yeahhhhhhh
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J
Merci Ingrid pour ces photos cactus c' est cool .Nos chemins ont du malheureusement prendre des routes différentes , poursuivant ta vuelta del mundo ( tu as vu je travaille mon castillano) et moi reprenant le chemin du boulot mais les grands espaces de l' Argentine , les moments passés en ta compagnie et les belles rencontres trottent encore dans mon esprit , tricottant au fil des jours des routes moins rectilignes que celles d' Argentine mais que j' espére aussi paisibles . Cette sensation de liberté pendant quelques jours était fort appréciable et j' espére bien faire germer cette petite graine qui a été semée afin de distribuer tous les fruits de zenitude dans ce monde de brut qui n' a pas d' allure !
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M
Que d'interprétations, de questions laissées en suspend!!!!! <br /> Les paysages sont toujours aussi beaux, tu nous fais rêver!!!!!<br /> Bonne route..............Bisous
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L
Que d'émotions dans ce mail mais aussi que de pessimisme dans les regards! Dans la transcription et le ressenti que tu en fait! Était ce le moral du jour?, l'ambiance du pays ou le soleil ne suffit pas à minima pour égayer la vie? Tout est il si sombre? (contrairement aux photos toujours très colorées!)<br /> Mais merci de me faire voyager, j'ai l'impression d'y être au travers de tes récits!<br /> Pleins de bisous petite sœur!<br /> Ta grande soeur qui t'aime
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