deux iles, deux pays, un meme lac...
L arrivee a la ville d Uyuni a ete un reel choc. Les yeux encore eblouis par la blancheur etincelente du salar, nous revenons sur (la) terre, une terre seche et pousserieuse.Du marron a perte de vue, ponctue par des petits arbustes verts fonces qui essayent tant bien que mal de vivre dans cette aridite.
Plus nous avancons en direction d Uyuni, plus ces arbustes changent de couleur: noir, bleu, blanc... Sont-ils decores pour Noel ? Non, pourtant nous sommes en avril...
Ils ont ete etouffes par des sacs plastiques jetes negligemment par l homme. Nous savons que nous sommes aux portes de cette petite ville lorsque tous les arbustes se sont fait emprisonnes. Deja malnutris a la base, leur chance de survie est maigre. Ils suffoquent et s aidant du vent, essayent de se liberer de cette emprise.
Apres avoir vu tant de merveilles, on ne peut etre qu ecoeure par cet irrespecte de la nature. Cette arrivee dans la premiere ville bolvienne ou je mets les pieds represente la deception que j ai eprouve vis a vis de ses habitants.

La Bolivie est un tres beau pays mais dont les boliviens ne prennent pas soin. Certes, la situation economique explique qu ils roulent avec des vieilles voitures et des vieux bus polluants, que la protection de l environnement ne soit pas dans leur priorite mais j avoue que c est bien dommage.Ce qui a ete le plus attristant dans ces dix jours passes en Bolivie, c est de me rendre compte a quel point l avidite de l argent les salit. La malhonnete est malheureusement monnaie courant, notamment dans le tourisme.
Ca nous oblige a etre mefiant, froid, distant, freinant voire empechant une relation a l autre ouverte.
Ainsi, apres etre partis d Uyuni et apres a voir visite les anciennes villes coloniales de Potossi et Sucre, nous avons vecu deux experiences tres differentes au lac Titicaca, le plus grand lac navigable du monde.
Nous avons d abord visite l Isla del Sol, qui appartient a la Bolivie, depuis la ville de Copacabana (a ne pas confondre avec celle du Bresil).

Nous sommes en avance et embarquons dans les premiers. Le bateau se remplit jusqu a etre quasiment complet, que ce soit a l interieur ou sur le toit. On entend un des marins dire discretement a son co-equipier qu il n a jamais vu autant de monde sur le bateau... pas tres rassurant...
Nous demarrons, et au bout de quelques minutes, ils nous demandent de nous avancer plus pronfondement dans la cabine pour equilibre le poids. La plupart accepte docilement, mais nous, nous refusons. On prefere etre au plus pres de la sortie en cas de probleme.
Arrives sur l isle apres 2h30 de navigation au lieu des 2h prevues, nous choisissons de ne pas suivre le groupe pour pouvoir marcher a notre rythme. Nous sommes debarques au nord de l isle. Le bateau doit nous recuperer au sud en milieu d apres midi.Les paysages sont tres beaux: le bleu du lac contraste avec les differents palettes du vert des cultures en etage. Des cochons, des moutons, paissent ca et la, en toute liberte.
En haut du chemin, un homme nous demande de payer un droit de passage pour acceder aux ruines incas. Nous lui repondons alors que nous ne souhaitons pas nous y rendre, que nous voulons simplement poursuivre notre chemin en direction du sud. L homme nous explique calmement que si l on veut continuer, nous sommes obliges de payer, que l on visite les ruines ou pas... Nous n insistons pas et, en bon touriste, nous lachons quelques bolivianos. Une heure de marche plus tard, nouveau poste de controle. Nous montrons notre joli billet mais l homme nous secoue la tete: ce billet correspond au nord de l isle, il faut en payer un nouveau pour acceder au sud... Cette fois-ci certains s enervent. Moi, ca m attriste de vouloir prendre les gens "en otage". Nous refusons de payer et pousruivons. Une heure encore plus tard, rebelote. Nous refusons de nouveau. Au bout de trois heures de marche au total, nous arrivons sur le petit port du sud de l isle.

Quand on ne s y attendait plus, au recoin d une maisonnette situee sur le bord de la plage, nous nous retrouvons nez a nez avec une vieille dame bolivienne, nous barrant le passage. Devinez quoi ? Il faut payer l acces au port, sinon, on ne repart pas ! Quelle arnaque ! Beaucoup de touristes surpris s enervent, d autres heureusement le prennent avec le sourire (quoique peut etre un peu jaune). Malgre la beaute des paysages, ce principe ne donne pas envie de revenir. Cerise sur le gateau, sur le chemin du retour, le bateau nous arrete devant une fausse isle flottante minuscule ou des boliviens font semblant de s occuper, et ou, bien entendu, l entree est payante. Boycot des touristes, personne ne veut descendre. Le bateau repart au bout de cinq minutes, les acteurs bolviens restent bredouilles.
Quel dommage de vouloir prendre le touriste pour un pigeon...
Le lendemain, nous prenons le bus pour le Perou. Seulement 3 heures de bus et nous arrivons a Puno, ville sans grand interet situee sur la rive du meme lac. Puno sert surtout de point de depart pour aller a la Isla Taquile.

Cette fois-ci, nous ne prenons pas le ticket de bateau par une agence. Nous preferons nous rendre sur le port tot le lendemain matin afin de l acheter directement aupres du capitaine.

Cette fois-ci, nous ne prenons pas le ticket de bateau par une agence. Nous preferons nous rendre sur le port tot le lendemain matin afin de l acheter directement aupres du capitaine. Nous nous rendons au port en taxi moto, qui me rappelle le touc touc du Cambodge, a la difference pres qu ici il y a des portes coulissantes plastifiees. Il ne fait effectivement pas la meme temperature qu a Phnom Penh ! Sur place, des la sortie du touc touc bolivien, plusieurs energumenes nous sautent dessus pour nous proposer leur bateau.
Nous declinons leur offre pour nous diriger au bout de la jetee. Deux d entre nous nous suivent et insistent. Nous sommes finalement prets a partir avec eux quand au dernier moment on se rend compte qu ils sont en train de nous filouter... Christophe s enerve et est pret a rester a Puno. Nous demandons quand meme des infos a une petite baraque sur la jetee. Enfin, nous tombons sur une honnete personne: Luz Maria Flores. Quel joli nom, n est ce pas ?
Il existe en fait qu un seul bateau public, appele "collectivo", qui appartient a la municipalite de l isle. Un roulement est effectue entre les 20 capitaines de l Isle qui ont chacun leur propre bateau.

Nous poursuivons la traversee: encore 2h30. Balottee par les petites vagues, je m assoupis quelques minutes. Christophe a lie connaissance avec un couple d insulaires, qui nous propose de nous accueillir.

Cette isle est vraiment tres interrsante par sa culture. Ains tous leurs vetements sont codes, correspondent a un statut social. Les hommes portent des bonnets de laine, rouge pour les hommes maries et rouge et blanc pour les celibataires (pratique, hein ?).
Nous profitons du calme de ce lieu puis nous nous rendons au village. Nous sommes chanceux, nous tombons en plein dans la fete de Santa Cruz. Les gens sont habilles en costume tres colores. Nous pouvons ainsi assister a un concours de danse. Les six communautes de l isle sont representees et font leur show tour a tour sous l oeil vigilant du jury...
Il existe en fait qu un seul bateau public, appele "collectivo", qui appartient a la municipalite de l isle. Un roulement est effectue entre les 20 capitaines de l Isle qui ont chacun leur propre bateau.
Nous embarquons avec des habitants de l isle, deux hollandaises, un couple de slovenes et Maria, danoise, qui participe a un projet de developpement du tourisme de l isle par et pour les habitants.
Au bout de 30 minutes, nous nous arretons a "los Uros", iles flottantes construites en totora, sorte de roseau. A l origine, ces iles ont ete construites par des peruviens chasses de leur colines par les collas incas. Aujourd hui c est un spectacle digne de Dysney Land !
On nous fait croire que ces iles sont encore habitees et que les gens y vivent de la peche mais en realite, ce sont des habitants de Puno qui viennent tot le matin, se deguisent avec des habits traditionnels et nous donnent une belle illusion.

Nous poursuivons la traversee: encore 2h30. Balottee par les petites vagues, je m assoupis quelques minutes. Christophe a lie connaissance avec un couple d insulaires, qui nous propose de nous accueillir. L arrivee est un peu cahotique. Le capitaine nous demande de suivre Miguel qui nous hebergera avec le couple de slovenes. Puis on nous dit de suivre une femme qui attendait l arrivee du bateau. Finalement, on ira dormir chez le couple rencontre sur le bateau, qui est apparement de la famille de Miguel. Il faut dire que l isle ne fait que 7km2 et est habitee que par 2 000 personnes. Peu encline aux mariages extra communautaires, preservant farouchement leur identite, on se rend compte que tous sont un peu cousins de pres ou de loin.
Nous sommes donc heberges sur une partie de l isle peu visitee, a une demi heure de marche du village.
Nous prenons le temps de discuter avec Andrea, qui nous montre comment elle tisse. Les femmes tissent, les hommes tricotent.

Cette isle est vraiment tres interrsante par sa culture. Ains tous leurs vetements sont codes, correspondent a un statut social. Les hommes portent des bonnets de laine, rouge pour les hommes maries et rouge et blanc pour les celibataires (pratique, hein ?).
Nous profitons du calme de ce lieu puis nous nous rendons au village. Nous sommes chanceux, nous tombons en plein dans la fete de Santa Cruz. Les gens sont habilles en costume tres colores. Nous pouvons ainsi assister a un concours de danse. Les six communautes de l isle sont representees et font leur show tour a tour sous l oeil vigilant du jury... En fin de journee, le stade de l ecole, transforme en scene de spectacle, devient un vrai cahos. C est a la fanfare qui jouera le plus fort... une vraie cacophonie. La nuit va bientot tomber et il ne faut plus trainer pour rentrer car ici, sur l isle, il n y a pas d electricite. Heureusement nous avons apporte ma lampe frontale.
Le soir, nous prenons le repas avec Andrea et son papa, dans la minuscule cuisine typique noircie par la fumee. Le papa nous explique qu il n aime pas ce genre de fetes qui ne sont pas traditionnelles de l isle. Il prefere largement la musique a base de flute de pan plutot que les trompettes, trombones et cymbales.

Andrea est subjuguee par ma lampe frontale et me demande de l echanger. Ca semble tellement lui fair eplaisir que je ne peux pas refuser. Elle m offre alors en retour un sac tricote par son pere, typique de l isle. Ces sacs sont portes uniquement par les hommes et s en servent pour mettre les feuilles de coca, qu ils s echangent entre eux lorsqu ils se saluent.
Le lendemain matin, nous quittons Andrea et Sebastian, avec un abrazo et un grand sourire. Ca fait du bien de pouvoir rencontrer des gens "vrais", qui prennent plaisir a partager leur culture. Je garde un tres bon souvenir de l Isla Taquile, mis a part le retour.
Nous partons avec une heure de retard. Le vent se leve et les nuages assombrissent le ciel. Le bateau est charge a bloc de passagers. Le capitaine, les yeux deja rouges, se met a macher des feuilles de coca, tout en discutant avec ses condisciples. Il regarde de temps a autre en face de lui, mais son attention est portee sur la discussion, en quechua.
Quand soudain une vague vient frapper de cote le bateau, qui manque de peu de basculer... La plupart des passagers sont en alerte. Ceux assis sur le toit en descendent. Le bateau tangue de plus en plus mais ca n alerte aucunement le capitaine, ni les insulaires avec qui il discute. Il faut dire qu ils n ont pas le meme regard que nous sur la vie: pour eux, s il arrive quelquechose, c est le destin...
Et hop, une autre embardee... La peur gagne l ensemble des passagers. On se distribue les gilets de sauvetage mais il n y en n a pas assez pour tout le monde... Luz Maria Flores, qui assiste le capitaine, se met a ecoper pas loin de 8 seaux de 30 litres... pas tres rassurant...
Nous arrivons au bout de trois longues heures, il fait quasiment nuit. Nous sommes heureux de remettre les pieds sur la terre ferme.
Au revoir Titicaca, que d emotions tu nous auras fait vivre !
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