Dans la boite
Avant de partir pour le tour de 3 jours au depart de San Pedro de Atacama et a destination de Uyuni, en Bolivie, Christophe me dit "je ne serai pas etonne si les paysages que tu vas voir seront les plus beaux de ton voyage". Me rememorant les rizieres de Sapa au Viet Nam, les montagnes nepalaises ennuagees sous la lumiere du coucher du soleil, le desert de pierres et de sable jaune d or d Australie, je reste quelque peu sceptique.
Il s avera finalement que, malgre mes doutes, Tabernak avait bel et bien raison. Les paysages etaient non seulement spectaculaire mais en plus tres diversifies: lagunes, canyons, deserts de roches, desert de sel, geysers, vallees verdoyantes ou paissent des lamas en toute liberte, petits villages en maison en adobe... tout bonnement epoustouflant !
Tellement impressionnee par la beaute de la nature, je n ai pas arrete de mitrailler avec mon appareil photo (la selection a d ailleurs ete tres dure). On aurait cru une vraie japonaise en action !

Nous partageons le 4x4 avec un couple de suisses allemands, un couple de chiliens photographes et Hector, notre chauffeur. En milieu d apres-midi de la deuxieme journee, je m apercois que je n ai presque plus de batterie... horreur ! Pourtant je l avais vien rechargee avant de partir... Vous imaginez comme j ai pu m en servir!
Au bout de quelques minutes mon appareil photo me dit "hasta luego", je n ai meme pas le temps de lui souhaiter bonne nuit qu il s est deja endormi.
La journee est quasiment finie. Je me rassure en me disant que je ne devrait pas trop perdre d images. Derniere etape avant d arriver au gite: un petit village perdu au milieu de nulle part. Seulement 10 familles co-habitent dans ce lieu desertique, traverse par une voie de chemin de fer menant du chili jusqu a Uyuni.
Le 4x4 s etant arrete, nous nous en extirpons lentement. Le soleil est moins puissant. parcontre le vent continue de s amuser a soulever la poussiere qui s invite dans nos narines, s entremele dans nos cheveux et nous recouvre d une fine pellicule (voire epaisse en fin de journee). Chacun, muni de son appareil photo, se dirige vers les enfant qui sont en train de jouer autour de la reserve d eau... Je m amuse a les regarder et reste immobile pres du 4x4 poussiereux.
Deux filles s approchent de moi en souriant et commencent a dessiner avec leur doigt sur la portiere. Je tente a mon tour un autoportrait... aie, je n ai vraiment pas les qualites artistiques de Virginie ou de Marjo !
Les filles s en vont, courant vers une autres distraction.

Deux filles s approchent de moi en souriant et commencent a dessiner avec leur doigt sur la portiere. Je tente a mon tour un autoportrait... aie, je n ai vraiment pas les qualites artistiques de Virginie ou de Marjo !
Les filles s en vont, courant vers une autres distraction.

C est bizarre, je me sens presque un peu perdue sans mon appareil photo. Je me mets alors a marcher en direction du soleil. Personne en vue de ce cote-ci. Aveuglee par le soleil, mes yeux sont rives au sol. Je releve la tete et je vois alors une dame au loin, sortir de chez elle. Elle porte, comme la plupart des bolviennes, une sorte de chapeau melon, des tresses noires reliees entre elles a leur extremite, et vetue d´une superposition de jupes, lui donnant l air de porter une bouee autour de la taille. Elle est tournee vers moi. tiens, on dirait qu elle est en train de me prendre en photo. Je continue de me rapprocher d elle, tranquillement. J ai l impression d etre l arroseur arrose. D un cote c est assez plaisant de sentir qu on attire l attention mais d un autre cote, c est un peu genant, je me sens presque deshabillee.

Arrivee a quelques metres d elle, je me rends compte que ce n ai pas un appareil photo qu elle tient entre ses mains, mais une paire de jumelles, qu elle range discretement dans la poche de son gilet. A hauteur d elle, je la salue en souriant et lui demande comment elle va. Elle me sourit et me repond. Nous restons immobiles. Son regard alterne entre moi et l horizon, la ou jouent les enfants. J entame la discussion en lui demandant combien elle a d enfants: 8 ! D ailleurs le petit dernier, age de 3 ans, s envient au loin. Il s appelle Jose Miguel. Sa grande soeur, Janete, le suit de peu. elle est accompagnee d un bebe lama, qu elle ne cesse de caresser et embrasser. La dame me dit qu il est orphelin. Je le verrai plus tard rentrer dans leur maison, comme un animal domestique.

Un ballon de basket traine sur le sol. Je mrappelle alors mes annees de "basketteuse". Ai-je beaucoup perdu depuis ? Je le ramasse sous l oeil curieux de Jose Miguel. Je lui propose de faire quelques passes: il accepte avec un grand sourire. Je commence a lui envoyer le ballon a la main tandis que lui me le renvoit au pied. Bientot, un autre petit garcon du meme age se joitn a nous, Alfredo. Je lui envoie le ballon mais des que je refais une passe a Jose Miguel, il se met a pleurer. Dur dur de partager ! Ca fait sourire Jose Miguel qui s en va jouer avec son ballon de foot. Alfredo, boudeur, s assoit par terre. Janete en profite alors pour me presenter son lama. Je tente de le caresser mais il est peureux et recule.
Janete me propose de jouer avec elle... au ballon. Elle n arrete pas de sourire et de rire, surout quand elle n arrive pas a le rattrapper. Apres les passes de basket et de foot, je lui apprends celles du volley. Je passe un moment tres simple et joyeux en compagnie de cette petite fille. Je sens qu elle n a pas envie qu on s arrete, mais il me faut retourner au 4x4. J hesite a lui donner quelquechose pour la remercier de ce moment, mais je n ai pas grand chose sur moi, a part un stabylo. Puis je me ravise en me disant que cet echange etait naturellement simple et gratuit. Je lui rends le ballon en la remerciant d avoir bien voulu jouer avec moi, avec un grand sourire.
Je remonte dans le 4x4 et nous reprenons notre route. Je prends alors conscience a quel point l usage de l appareil photo empeche, ou du moins, freine la erncontre avec les autres. L appareil en main, on est plus concentre sur l image qu on va prendre que sur ce qu il y a derriere... Ce n est qu au bout de 7 mois de voyage que je m apercois de ca...
Finalement ma panne de batterie m aura permis de passer un moment inoubliable. Je n ai donc pas de photos de cette dame, de Janete, d Alfredo, de Jose Miguel, du lama, ni meme du village mais je vais conserver de tres belles images dans ma tete...
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