1001 nuits en dortoir

Les nuits en dortoir... Expérience à la fois unique et similaire, répétée pendant presque 10 mois et pourtant différente à chaque fois. Unique car chaque nuit est le fruit d'un cocktail élaboré: le lieu et l'environnement, le nombre de personnes, dortoir mixte ou non, les personnes elles-mêmes évidemment et leur vécu de la journée...
Une des premières choses que je regarde quand je rentre dans un dortoir, ce sont les sources d'aération. Si j'oublie, bien souvent, les odeurs de renfermé ou de transpiration me le rappellent. Dans ce cas je m'en vais de moi-même ouvrir les fenêtres s'il y en a. Eh oui, malheureusement, il existe encore des dortoirs de 16 sans fenêtre... T'en souviens tu Marjo, à Madrid ?
Dès l'entrée dans le dortoir, on remarque aussi tout de suite les organisés et les bordéliques. Hélas, ce sont souvent les bordéliques qui se couchent tard le soir, éméchés, et qui, n'arrivant plus à trouver leur brosse à cheveux pour se faire belles pour leur oreiller, font tomber toute leur trousse de toilette par terre...
Sans vouloir faire de généralités, ce sont souvent les anglophones qui sont les plus bruyantes et les moins soucieuses du sommeil d'autrui. Je me me suis aussi toujours demandé pourquoi elles parlaient aussi fort. Est-ce parce qu'elles, elles comprenaient les paroles de Kylie Minogue et qu'elles se sont trop entrainées à chanter devant leur miroir, le sèche cheveux dans les mains allumé ?
Ou bien, tout simplement, ont-elles trop souvent dansé à deux pouces des enceintes en boite de nuit ?
Autre question que je n'ai pas non plus élucidée: est-ce que le fait de parler fort dans le dortoir a 2h du matin a lien avec le fait d'allumer le gros néon plutôt que les lampes individuelles ? Parler plus fort permettrait-il de de voir mieux ?
Les odeurs des dortoirs mixtes et celles des dortoirs de filles se révèlent aussi tout à fait différentes. Ainsi, à Tofino, sur l'ile de Vancouver, j'ai dormi deux nuits dans un dortoir de 4 avec trois poilus. Quand on rentre, c'est plutôt l'odeur de pieds qui te prend au nez. Mais bon, l'avantage c'est que les gars ne trainent jamais trop dans le dortoir la journée et encore moins la soirée. J'avais donc la chambre pour moi le soir afin de bouquiner tranquillement. Au milieu de la nuit, ils rentrent en faisant bien sûr un peu de bruit, mais, contrairement aux filles qui cherchent mille et une choses dans leur sac qu'elles n'arriveront d'ailleurs pas à trouver, ils foncent directement dans leur lit et s'endorment ilico. Quelques minutes plus tard, s'ensuit un magnifique concerto de ronflements accompagné d'un délicieux parfum éthylique. Moi qui n'ai rien bu, ça m'enivre et me rendors jusqu'au petit matin. Quant au dortoir de filles, l'odeur est quasiment identique que ce soit le soir avant de sortir ou le matin au lever: déo pulvérisateur destructeur de sen olfactif... Quitte à choisir... heu, je sais plus ce que je préfère... l'aération !!!
Qu'on le veuille ou non, quand on décide de dormir dans un dortoir, on partage l'intimité de nos co-dormeurs. Avec un peu d'expérience et d'entrainement, on peut arriver à savoir ce qu'ils ont fait dans la journée, en les écoutant, en sentant (ou pas) leur odeur de pieds lorsqu'ils enlèvent leur chaussure, ce qu'ils ont bu avec leur rot et ce qu'ils ont mangé avec leur pet... Vous croyez que j'exagère ? Si peu... Tiens, l'autre jour, à Calgary, j'étais allongée sur mon lit en hauteur quand la dame du dessous, âgée d'une soixantaine d'années, s'est mise à me parler. Pendant qu'elle était en train de me parler, elle a lâché une bonne vieille flatulence, et s'est à peine excusée, du style "on partage la même chambre, on peut bien partager un petit pet..." Eh bien NON !!! Je m'y oppose ! Comme qui dirait: "on n'a pas gardé les cochons ensemble"...
Je n'ai pas osé lui dire tout ça mais j'aurai peut-être dû. Elle se serait peut-être retenue de m'asphyxier toute la nuit... eh oui, les odeurs montent... toujours se mettre en bas ! Des fois on se croit aussi dans un dortoir de filles et lorsque l'une d'entre elles se met à parler, on se rend compte qu'il y a des transexuels qui peuvent être très féminines...
Bref, on rencontre de tout dans les dortoirs, et heureusement de belles personnes aussi comme Jo, Francine, Lisanne... Il y aurait tant à raconter... tiens, pourquoi pas écrire les 1001 et nuits en dortoir ?
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