Ca y est...
"Ca y est..." C'est la première phrase que j'ai écrite dans mon journal à l'aéroport lorsque j'attendais mon premier vol à destination de Londres.
Ca y est, la boucle est bouclée...
"Ca y est", c'est encore différent que "j'y suis". Il y a à la fois une idée de début et à la fois une idée de fin, de quelquechose d'accompli.
Je suis donc de retour pour un nouveau départ. C'est étrange, dès mon arrivée à Lyon, en revoyant mes amis, ma famille, les décors et paysages familiers, j'ai eu l'impression de ne pas être partie. Heureusement des détails me rappellent que je me suis absentée comme le changement de place du lit d'Ines et Slim, le nouveau distributeur d'oranges de mes parents, la tour oxygène de la Part-Dieu qui a bondi de terre... Mon oeil est immédiatement attiré par toutes les choses nouvelles qu'il détecte, comme s'il cherchait à me prouver que je suis bel et bien partie !
Bien sûr, il y a aussi les mails de mes compagnons de voyage (Shane, Jen, Tren, Danny...), les photos, les images qui me reviennent inconsciemment en mémoire au détour d'une rue, d'un croisement de regard, d'un paysage qui défile...
J'ai encore du mal à me rendre compte de ce que ce voyage m'a apportée. Nombreux sont ceux qui me disent que j'ai dû m'enrichir. Oui, c'est sûr, je sais que j'ai un coffre avec des trésors mais j'ai le regard embué et il est encore trop tôt pour les discerner, les toucher et m'en saisir.
La question que l'on me pose le plus souvent c'est "N'as tu pas rencontré de problème ? Tout s'est bien passé ? N'as tu pas eu peur ?"
En 10 mois, il peut s'en passer des choses malheureuses ici ou ailleurs. Deux personnes proches sont ainsi décédées pendant mon absence. C'est la vie, la mort en fait partie... Heureusement, des naissances ont aussi eu lieu cette année et j'ai 5 petits êtres à rencontrer: Enoa, Emma, Camille, Léon et le petit dernier Samuel.
Me concernant, je vous rassure, je n'ai pas de triste expérience à vous raconter. Je ne suis pas allée dans des pays en guerre, et j'ai justement choisi des pays où il ne posait pas de problèmes en étant une fille de voyager seule.
Dans chaque pays, chaque région, il faut savoir écouter les consignes et conseils donnés par les locaux. Ainsi dans les deux villes les plus "hostiles" où je suis allée, Johannesburg et Maputo, on nous met de suite en garde contre les désagréments et dangers que l'on peut rencontrer. Les zones à éviter, toujours prendre un taxi le soir, ne pas sortir seule... Certes, ça peut créer quelques tensions, surtout au début. Hasard ou manque d'expérience, ce sont les deux premières villes que j'ai visité. Ce ne fut pas facile, et avec le recul, je pense que ce ne sont pas les meilleurs pays pour commencer un tel périple. D'un autre coté, "le plus dur" a été fait au début.
Mis à part les consignes et les conseils, il y a autre chose qui m'a guidée: mon instinct. Etre à l'écoute de ce quelquechose que l'on sent et que l'on ne saurait expliquer. Voilà, comme dirait papa: "prudence et vigilance" ! 
En revanche, ce voyage m'a éclairé sur les futures destinations où je souhaiterai aller... A peine revenue et je projette déjà de repartir... Eh oui le voyage est un virus mais pas encore une drogue. Le voyage fait partie de moi comme peut l'être le théâtre et l'impro. Ce n'est pas un besoin vital mais c'est quelquechose qui me définit.
Pour moi, construire une famille, créer sa propre entreprise, reprendre ses études demande beaucoup plus de courage. D'ailleurs en parlant de logement, si certains ont des pistes, je suis preneuse !
Mon blog ne s'arrête pas encore, j'ai encore d'autres petites choses à vous faire partager et des photos que je mettrai enfin en ligne.